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Compte rendu de la deuxième manche du
Championnat de France d’endurance
17/18 Juin 2006.
Circuit de Carole (93)
par xleu
Vendredi 16 Juin
5 séances de roulages prévus pour cette journée, comme nous en avons pris l’habitude Alain et moi allons partager les séances puisque nous ne possédons qu’une seule moto. Mes souvenirs de Carole sont lointain, mais je me rappelle le tracé avec, selon moi, une bonne précision. Je me lance sur la piste avec pour objectif de me la remémorer. C’est parti, le premier virage (Alpha) celui la je m’en souviens très bien, c’est le premier, ensuite ... ensuite … bon sang je ne me souviens pas du tracé, gauche, droite, pif, paf, j’entre dans la parabolique, celle la je me rappelle et la suite aussi pour revenir jusqu’au départ, mais que cela va être difficile, je dois apprendre 50 % de la piste et en plus avec une moto plutôt physique sur ce circuit. J’enchaîne les tours et je ne descends pas les chronos, je suis en phase d’apprentissage et voila la première séance terminée. Alain fait sa séance et commence les réglages de la moto, en effet la piste n’a pas de secret pour lui et ses chronos sont bien plus rapides que les miens.
Les séances suivantes s’enchaînent ou nous alternons nos prises de guidons, le tracé est de plus en plus familier mais la parabolique me pose un énorme soucis car je n’arrive pas me positionner convenablement pour optimiser mon accélération et la faiblesse de mon chrono est en parti dû à cette courbe. Les sensations sur la moto sont aussi bonnes que la course précédente, mais le manque de feeling de la fourche est hélas encore présent malgré une préparation de celle-ci lors de laquelle les réglages de l’hydraulique ont été modifiés et permettent maintenant de réellement régler la détente et la compression.
Les chronos descendent malgré tout pour se situer dans une bonne moyenne et ceux-ci devraient encore s’améliorer demain ce qui devrait nous permettre de nous qualifier convenablement.
Samedi 17 Juin
Les pneus sont en places, il ne reste plus qu’à s’élancer sur la piste, je débute les qualifications de cette journée qui risque d’être très chaude et très délicate car le circuit Carole, situé à proximité de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle, est recouvert de gomme routière ainsi que de kérosène lâché par les divers avions en approche.
Je prends la piste avec la ferme intention de m’améliorer par rapport à la veille, ceci ne devrait pas être difficile avec une paire de pneus neufs, je roule j’enchaîne quelques tours et je repasse par les stands pour casser le faux rythme que je viens de prendre, mes chronos sont honorables mais je n’ai que le 11ème temps, je me relance mais je n’arrive pas à améliorer mon temps. La faute viens de moi, je n’arrive toujours pas à trouver une trajectoire pour la sortie de cette satanée parabolique.
Alain fait sa qualification et réalise le 5ème temps de sa série, ce superbe chrono nous fait remonter au classement cumulé des 2 pilotes mais il faut vraiment que je fasse mieux lors de la prochaine séance. Celle-ci n’est pas longue a venir et me voila lancé a pleine vitesse pour remonter sur la grille de départ, mes temps descendent et je trouve des astuces pour les améliorer, je m’apprête à rentrer aux stands pour casser le rythme mais voilà qu’un drapeau rouge nous coupe la séance.
Arrêt de quelques minutes seulement mais nous voila reparti en piste, hélas nous sommes à la queue les uns des autres et il devient difficile d’améliorer les temps dans le trafic de ce petit circuit. Je sens que je peux aller plus vite que ce matin mais impossible d’avoir un bon tour, je suis gêné, j’améliore un peu mais cela n’est pas suffisant pour gagner un grand nombre de place. Je suis crédité du 12ème temps et avec le 5ème temps d’Alain nous sommes 18èmes sur la grille, je ne me suis pas mis en action assez vite, le temps d’apprendre le tracé, de trouver des solutions pour la parabolique, j’ai perdu trop de temps et il va falloir cravacher dés les premiers tours pour jouer une belle place car sur ce circuit plein de pièges tout est possible, d’ailleurs je ne cesse de répéter a Alain que la solution est de rester sur ses roues, le nombre de chute jouera en notre faveur.
Dimanche 18 Juin
C’est bientôt l’heure du départ, le box est ouvert pour notre installation et on charge le camion pour amener le matériel, la particularité de Carole est, non content d’être un petit circuit, de ne pas posséder de box, une grande bâche est alors installée par les organisateurs pour permettre à l’équipe technique d’être a l’abri des intempéries (soleil ou pluie).
Le départ ne va pas suivre non plus la procédure habituelle, celui-ci sera donné en grille type Open et non en épi toujours à cause de la taille réduite du circuit.
Je suis heureux comme un enfant dans son coffre à jouets, les souvenirs des départs que je faisais en promosport me reviennent en tête, vivement le feu vert.
VERT ! Je me lance, je cherche l’ouverture, je la vois un peu sur la gauche, plein de pilote décident de partir vers l’extérieur, je m‘engouffre à la corde je passe lolo au freinage, ça glisse, je continue, je me sens bien ça accélère, ça freine tout ce passe bien, la parabolique se passe sans soucis, je gagne des places, je refais un peu mon handicap des essais, hop une place de plus je suis dans le top 15.
Malheur, à la sortie d’alpha alors que mets la moto plein angle je suis un peu trop optimiste sur les gaz, la moto part en travers, je compense, je force sur le genou pour la tenir, mince j’entends des bruits métallique, elle est déjà couchée, je lutte mais je ne peux rien faire.
Horreur, c’est le trou noir, j’ai tapé dans quelque chose puis j’ai fait un roulé-boulé dans l’herbe je ressert mes bras contre mon torse, c’est interminable, jusqu’où vais-je glisser ? Je m’arrête enfin, je suis au sol, je me redresse lentement, je bouge et je ne ressens aucune douleur mais je suis désorienté, je ne sais pas ou est la piste, je la cherche, je vois une moto au sol avec un pilote levant les bras au ciel, il n’a rien et à l’air d’être tombé avec moi, (est-ce moi le responsable ou lui ?) ou est ma moto ? La voila, elle est de l’autre coté de la piste un commissaire me rejoint et me demande si je vais bien, ma réponse est positive, je me sens juste dans le cirage. Ils me ramènent ma moto mais n’ont pas l’air décidé à me la rendre pour que je rentre aux stands.
La moto a souffert, il me manque un demi guidon qui a été arraché dans la chute, le cale pied est tordu et le sélecteur cassé, ce sont les premiers dégâts que je constate, mais il faut rallier les stands au plus vite pour réparer. Me voila parti pour une séance de poussette, je traverse la piste et longe le coté du circuit sans que mes mécanos ne puissent m’aider à pousser cette satanée bécane, bon sang que c’est lourd et qu’il fait chaud, Yannick me propose à boire mais je ne peux pas tout faire et je dois me concentrer sur la poussette.
Ce qu’il ne fallait surtout pas faire, je viens de le faire, au deuxième tour je suis allé à la faute, je suis impardonnable, je me suis enflammé, les mécanos prennent la moto en charge et il me faut 10 minutes pour retrouver mes esprits, je suis assis sur une chaise et je ne réalise toujours pas ce qu’il m’arrive.
Je demande à Alain de repartir à ma place, je ne suis pas dans mon assiette, ma combinaison est ouverte aux fesses et je suis un peu brûlé au bras droit et au postérieur.
La réparation va bon train mais on se rend compte que le demi guidon de rechange est tordu, il faut alors se ruer dans le campement pour démonter le jeu de guidon de moto de réserve, la perte de temps est réelle et je dois moi aussi repasser par le campement pour prendre ma 2ème combinaison, 50 minutes plus tard Alain reprend la piste avec un retard quasi irrattrapable mais sait-on jamais si les chutes continuent on peux prendre quelques points.
Alain fait un relais de toute beauté, la moto a l’air de bien se comporter et les chronos descendent au fil des tours les places ne changent pas car le retard est conséquent mais le cœur y est et Alain se fait plaisir sur la moto.
Une heure passe et les commissaires techniques m’autorisent à repartir avec ma 2ème combinaison, je prends donc le relais d’Alain qui ne m’annonce pas de disfonctionnement de la moto, c’est parti, je dois retrouver mes marques et j’essais de ne pas bloquer sur le virage dans lequel je viens de chuter et je le passe comme si de rien n’était, mes chronos ne sont pas extraordinaires je suis à 2 secondes de mes temps de qualification mais je ne peux guère faire mieux, je suis un peu limite physiquement. Je reste en piste 1h05 et je rentre un peu marqué par l’effort que je viens de réaliser, je cède ma place à Alain avec un certain soulagement.
Alain rentre au stand pour le dernier relais et se plaint d’un point dur dans la direction juste en entrée des stands, le ravitaillement se passe très rapidement et je dis à Alain que je fais un ou 2 tours molo pour voir ce qu’il en est du point dur de la direction, je le ressent directement en sortant des stands mais je ne vois pas ou il se situe, ni qu’elle en est la raison, le premier tour passe et rien, je suis alors dans mon 2ème tour quand en plein milieu de la courbe « Golf » la direction bloque légèrement et la roue se dérobe dans mes bras, la moto m’échappe et je tombe assez violement sur le coté droit, au fur et a mesure que je glisse je sens la chaleur me brûler l’épaule, vivement que cette glissade s’arrête.Les commissaires relèvent ma machine mais me retiennent car celle-ci évacue son trop plein d’eau chaude dans le carénage et ils veulent identifier la cause de la fuite, je pars en longeant l’herbe.
Un check-up de la moto et une recherche du point dur sont en cours, c’est le support de carénage qui, suite à la chute précédente, est entré en contact avec l’amortisseur de direction et qui a engendré le blocage. On resserre tout ça et me voila reparti dans l’arène, non sans un hésitation car la douleur à l’épaule est assez vive mais supportable. Les 30 minutes restantes furent plutôt longues et mes chronos n’étaient vraiment pas à la hauteur mais hélas aucune place ne pouvait être atteinte et juste le fait de passer le drapeaux à damiers motivait ce dernier relais, ce qui fût fait dans la douleur et la joie de passer pour la première fois l’arrivé d’une manche de championnat.
Team manager : Fred
Ravitailleur : Tonton Tataille
Mécano, Greg, Yann, Nicolas, Laurent, Virgil
Pompier : Oncle Tataille
Intendance et repas (ainsi que chronométreuse) : Maryvonne, Christelle et Irène.
Je remercie tous les sponsors sans qui ce rendez-vous n’aurait pas été possible.
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